NULLE
PART / AILLEURS
Premier temps
PHILIPPE TESSIER
Projet en galerie
du 26 août au 16 septembre
Partant de la phrase CELUI
QUI EST PARTOUT EST NULLE PART, celle-ci est subdivisée en trois parties.
(CELUI
QUI EST) ( PARTOUT
EST) (NULLE PART)
Chacune des parties est écrite et, par le fait même, construite dans trois espaces différents. Deux des sites sont le résultat de construction virtuelle, le troisième site étant un lieu physique accessible au public. Ce dernier site possède le fragment (NULLE PART). Chacune des lettres composant ces deux mots est d'une dimension de 183 cm x 122 cm x 198 cm et construite avec des panneaux de Gypse.
Le site physiquement accessible permet au spectateur de d'ambuler parmi les lettres qui composent les mots NULLE PART. Plutôt qu'un champ visuel panoramique de l'espace, le spectateur est confronté à la présence des lettres qui agissent comme des écrans et dont la disposition rappelle le labyrinthe archétype de la ville et de la complexité.
Dans ce lieu, les lettres, les mots et donc le langage créent une opacité, une obstruction à une lecture de l'ensemble des événements potentiels contenus dans ce lieu. Ce lieu, il est en fait devenu une multitude d'espaces. Ces murs et donc ces clôtures séparent les spectateurs les uns des autres, chacun occupant son territoire. Ils ne peuvent être unis et partager le même espace. Ces lieux rendent la communion impossible et devient donc une démonstration de l'imposibilité du concept d'universalité. Le territoire que nous occupons construit notre réalité. Nous participons à un corps social qui ne peut être que variété plutôt qu'unicité.
Quant au message de l'exposition, la seule façon de l'appréhender dans sa totalité est par l'accès à un site Internet qui permet de lire l'ensemble du contenu de la phrase présentée dans une perspective à vol d'oiseau. La lecture de la phrase CELUI QUI EST PARTOUT EST NULLE PART, par son contenu, sa forme et sa disposition spatiale constitue une représentation du réseau Internet et le reflet du retrait et du désengagement de son environnement du lecteur omnipotent.
Philippe Tessier tient à remercier DARE-DARE et ses membres, les deux amazones Manon et Manon, Marguerite Tessier, les reines du gypse Marie-Suzanne Désilets et Geneviève Rousseau, mon éditrice Valérie Vézina, Robert Saucier plus drôle qu'un moine zen mais tout aussi patient, mon cheval Tarzan pour le financement et Louis Bertrand pour son pick up. Cette exposition et la communication de maîtrise qui l'accompagne sont dédiées à la mémoire de Jacques Tessier (1930-1998). Marin puis maître photographe, il vogue maintenant sur le paysage de nos souvenirs.