Programmation
BIBLIOTHÈQUE VIVANTE
Ce printemps, DARE-DARE offre à sa communauté un programme d’emprunt réunissant une collection hybride d’histoires faites de gestes et de paroles.

Les bibliothèques sont des lieux foisonnants où livres, personnes et idées transigent et se transforment à travers des rencontres spatiales et temporelles. De nouvelles pistes se creusent dans les esprits et des notes intimes se déposent sur des marges qui prennent vie. Ce printemps, DARE-DARE offre à sa communauté un programme d’emprunt réunissant une collection hybride d’histoires faites de gestes et de paroles par : Amélie Brindamour, María Ezcurra, Melza Harvey, Emmanuelle Jacques, Mélissa Longpré, Noémie Sauvageau et Roberto Santaguida.
Notre bibliothèque vivante ouvre ses portes à une vingtaine d’emprunteur·euse·s qui ont la chance d'expérimenter de manière intime le récit d’artistes prêt·e·s à s’ouvrir. Empreint·e·s de bienveillance et d’écoute, ces livres vivants prennent la forme d’explorations urbaines, de discussions, ou encore de jeux, de manière à encourager des rencontres et des expériences inusitées et imprévisibles.
Les emprunts s’effectuaient à partir d’une description volontairement poétique, métaphorique et elliptique d’une expérience à partager. Cette approche privilégiait l’évocation plutôt que l’identification, laissant place à l’imaginaire et à la projection. Les personnes emprunteuses s’engageaient ainsi dans l’expérience sans connaître directement l’artiste à l’origine du concept ni la figure centrale autour de laquelle cet univers se déployait, découvrant l’œuvre/l'artiste à travers le temps partagé et l’attention accordée à la relation elle-même. Les emprunts ont été faits entre le 17 avril et le 10 mai, leur durée d’emprunt étant de 45 minutes à 1h30.
Une activité du comité Espace Critique
Liste d'emprunts
1
Titre du livre vivant : Ce qui brille par son absence
Langue du livre : Français
Description : Échange sur la proximité avec soi-même pour en souligner les fertilités et les difficultés. Mise en lumière de l’existence de deux solitudes : celle choisie et celle forcée.
Type de lecteur·ice : Personne seule (emprunteur.ice unique à chaque rencontre)
Type de lecture : Assise-dans un parc - ou intérieure (selon les possibilités et types d’espaces. À déterminer)
2
Titre du livre vivant : Récit sur ma vie d’artiste, ou comment le Réalisme magique s’invite involontairement dans ma pratique.
Langue du livre : Français, English, Español
Description : Un condensé d’histoires incroyables, en ce début de printemps tardif, où des épopées dignes de l’Odyssée sont entreprises dans le seul but de réaliser des visions artistiques.
Type de lecteur·ice : Personne seule ou deux (maximum)
Type de lecture : Marche-déambulation, assis-dans un parc, au téléphone ou en téléconférence
3
Titre du livre vivant : Création de richesse/Labour of Love
Langue du livre : Français, English, Español
Description : Ce livre d'artiste aborde des enjeux à l'intersection de la pratique artistique, l'économie, la parentalité et le travail invisible. Sa diffusion par une démarche relationnelle fait l'expérience d'une économie non marchande.
Type de lecteur·ice : Personne seule ou Bulle familiale
Type de lecture : Marche-déambulation ou assis-dans un parc ou intérieure avec masques et distance physique
4
Titre du livre vivant : La Collectionneuse
Langue du livre : Français
Description : Excursion urbaine sur le Plateau Mont-Royal. Au programme : observation d’oiseaux, prises de vue diverses, collecte d’objets insolites et recherche de livres usagés dans les bibliothèques de rues.
Type de lecteur·ice : Personne seule
Type de lecture : Marche-déambulation
5
Titre du livre vivant : The Externalized Internal Dialogue Demonstration
Langage du livre : English
Description : An interactive live story-telling experience. A ceramic artist vocalizes the memories, urges, whims, and judgements that occur during the creative process. Connection will be encouraged through sharing of both clay and stories.
Type de lecteur·ice : Single person - a unique borrower at each meeting (for compliance with distancing regulations).
Type de lecture : Indoor, shared studio space
6
Titre du livre vivant : The First Phases
Langage du livre : English
Description : A point-and-click adventure with a faculty time machine and other games.
Type de lecteur·ice : Unique borrower at each meeting
Type de lecture : indoor (online)
7
Titre du livre vivant : Masked book / Libro enmascarado
Langage du livre : English, Español
Description : This creative exchange involves wearing and/or making masks to explore, give visibility and embody the conflict between the need of protection and our veiled sense of identity in the pandemic.
Type de lecteur·ice : single person or Family bubble
Type de lecture : Sitting-in a park or indoor or online if someone feels uncomfortable meeting in person.
Amélie Brindamour
Ma pratique artistique prend la forme d’interventions temporaires, de performances participatives, de projets Eat Art et photographiques, et explore différents enjeux reliés à l’environnement naturel et urbain. Favorisant l’usage de matériaux abordables faciles à se procurer, tel que le bois de pin, le carton, le papier et le pain, je cherche dans mes projets plus récents à recréer des espaces dans la nature et la ville grâce à la conception d’accessoires simples, afin de contester notre perception des systèmes sociaux et spatiaux préétablis. Mon intérêt par rapport à l’alimentation m’a amené à concevoir plusieurs performances participatives dans l’espace public impliquant entre autres l’action de cuire et consommer du pain. Je soutiens les initiatives artistiques et éducatives qui ont un impact positif ou aide à bâtir des communautés, et des contextes qui incitent à la collaboration, l’inclusion et l’expérimentation.
Emmanuelle Jacques
Emmanuelle Jacques vit et travaille à Montréal. Elle a complété un baccalauréat en arts visuels à l’UQAM en 2004. Sa pratique est issue du dessin et des arts imprimés, et allie notamment l’écriture et l’art relationnel. Son travail se présente principalement sous forme de livre d’artiste ou d’installation, et à l’occasion, sous d'autres formes comme la performance, la vidéo ou l’art audio. Ses différents projets l’ont amenée à s’intéresser, entre autres, à la cartographie, à l’urbanisme, aux mouvements féministes, punk et DIY, à l’économie, au travail invisible, à l’autogestion, aux pratiques du care, aux plantes, aux étoiles, aux interstices, à l’indiscipline et aux utopies. En se fondant sur des enjeux précis ou hyperlocaux, à la manière d’une sociologue de terrain – avec la liberté méthodologique d’une artiste – elle aménage des lieux de rencontre propices à faire émerger des microrécits dont elle extrait un sens commun. Ses méthodes de travail lentes et processuelles sont directement héritées des arts d’impression, mais aussi de ses expériences de travailleuse forestière et agricole.
María Ezcurra
María Ezcurra est une artiste et éducatrice latina-canadienne vivant à Tiohtià:ke/Montréal. Elle a participé à de nombreuses expositions et événements d'art public, notamment au Musée d'art moderne de Mexico, à la Carl Freedman Gallery au Royaume-Uni, à la Nuit Blanche à Toronto, au Musée des beaux-arts de Montréal et à OBORO. Maria a reçu des bourses du Conseil des Arts du Canada, du Conseil des Arts et des Lettres du Québec et du National System of Art Creators au Mexique et a reçu en 2019 le Prix de la Diversité en Arts Visuels du Conseil des arts de Montréal. Elle a obtenu un doctorat en éducation artistique à l'Université Concordia et elle est actuellement chargée de cours aux universités McGill et Concordia Elle a également développé et facilité divers projets artistiques publics, participatifs et communautaires dans des contextes variés. Ses domaines de recherche sont les pratiques artistiques participatives, l'habillement et l'incarnation sexuée, la mémoire, l'identité, l'appartenance et l'immigration.
Mélissa Longpré
Ma pratique artistique s’inspire largement des sciences naturelles et emprunte parfois ses codes. Tous mes projets démarrent par une période d’observation et de cueillette d’éléments naturels. À la manière d’une naturaliste, je prélève, identifie et documente mes trouvailles. Par le biais de la photographie, du dessin, de l’image imprimée et des installations, je traduis mon rapport sensible au vivant. J’explore les entrelacements entre les arts et les sciences et les dialogues qu’ils engendrent. Au cours de mes excursions, je photographie, esquisse, note et cueille des spécimens (ossements, insectes, végétaux, roches). En atelier, je crée des compositions dans lesquelles chaque élément devient une particule d’un nouveau langage. Les spécimens et objets trouvés forment un alphabet du territoire arpenté. Sur ma table de travail, ils deviennent sujets photographiques, écritures visuelles et objets installatifs. Je m’intéresse aux rencontres qui se développent grâce au partage de savoirs.
Melza Harvey
Melza Harvey est un·e artiste interdisciplinaire né·e en Nouvelle-Écosse et établi·e à Tiohtià:ke/Montréal. Issu·e d’un parcours en santé mentale, où la sculpture sur argile a d’abord servi d’exutoire créatif, Melza a poursuivi une formation en céramique au Centre de céramique Bonsecours, puis à l’Université Concordia, où iel a obtenu un baccalauréat avec distinction. Sa pratique sculpturale contemporaine, ancrée dans une perspective féministe, explore par l’abstraction les constructions sociales qui façonnent l’existence contemporaine, notamment la maternité, la fluidité des genres, la queerness, la sensualité et les luttes antiracistes. Travaillant l’argile haute température à la main et au tour, Melza repousse les limites des techniques traditionnelles pour créer des formes organiques, instables et stratifiées, où la lumière circule et active l’espace. Engagé·e socialement, iel intègre également le son, l’interactivité et la participation communautaire à sa démarche, notamment à travers des initiatives collectives en céramique axées sur l’éducation, la sensibilisation et le lien social.
Noémie Sauvageau
Née dans les forêts du Nord abitibien et aujourd’hui établie à Montréal, Noémie Sauvageau cultive un amour profond pour le vivant sous toutes ses formes. Son parcours, traversé par des expériences multiples — entre enseignement, accompagnement, création et recherche — nourrit une compréhension sensible de nos liens, de notre vulnérabilité et des forces subtiles qui nous relient à la nature. Formée en philosophie et en littérature comparée, elle aborde la pensée comme un geste incarné, poreux, qui s’enracine dans un rapport hypersensible au monde. Sa pratique artistique est d’abord et avant tout une manière d’habiter le monde. La poésie, l’expérimentation et le jeu deviennent des outils d’interaction et de compréhension. Elle considère le jeu comme une forme de résistance douce, un espace de découvertes où l’on apprend à dialoguer avec le vivant plutôt qu’à le contraindre ou le dominer. Le geste créatif devient une manière d’écouter et de se relier — de la même manière qu’elle jardine, aborde un·e étranger·ère ou cuisine. À travers des projets audionumériques, des ateliers d’expression créative, des performances et des recherches collaboratives, elle explore des modes d’existence qui privilégient la lenteur, la présence, la résonance et l’attention aux forces discrètes qui nous traversent.
Roberto Santaguida
Depuis qu'il a terminé ses études en production cinématographique à l'Université Concordia, les films et vidéos de Roberto Santaguida ont été présentés dans plus de 400 festivals internationaux, dont le Festival du film de Tampere, CPH : DOX, le Festival international du film documentaire de Copenhague, le Festival d'art contemporain Sesc_Videobrasil, le Flickers' Rhode Island International Film Festival, Transmediale, et Message to Man. Il a également participé à des résidences d'artistes dans de nombreux pays, dont l'Iran, la Roumanie, l'Allemagne, la Norvège et l'Australie. Roberto est lauréat du K.M. Hunter Artist Award, de la Chalmers Arts Fellowship et d'une bourse de l'Akademie Schloss Solitude en Allemagne.